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«A quoi sert l'"histoire de l'art", si ses méthodes ne permettent pas d'ouvrir une perspective sur la connaissance que délivrent, à des degrés divers, les œuvres ? [...] L'"histoire de l'art" serait-elle une pure fiction idéologique ? Ne doit-elle pas affronter les "dangers" qu'elle provoquerait en renonçant à sa magie, en devenant pour tous un instrument spécifique de connaissance, à l'égal de la philosophie, de la science, des autres arts ?»

 

Françoise Bardon

Arts, Etat, Pouvoir. Kerguéhennec : centre d'art contemporain.

Les centres d'art contemporain sont souvent décriés voire totalement ignorés. Ils ne manquent pourtant pas d'intérêt, ne serait-ce que parce qu'ils peuvent nous amener à nous interroger sur les choix des collections : qui décide d'acquérir telle oeuvre ? A quel prix ? Selon quels critères ? Questions que nous devons aussi nous poser pour les musées. Questions que se posent tous les conservateurs d'ailleurs.

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Kerguéhennec : vue générale


J'ai eu l'occasion de découvrir le Domaine de Kerguéhennec après avoir fréquenté durant plusieurs années un autre centre d'art contemporain, Oiron, dans les Deux-Sèvres, lui aussi installé dans un ancien château depuis 1990 & sur la volonté du Ministère de la Culture. Je ne saurai que recommander la visites des deux sites, qui offrent des façons différentes d'aborder l'art contemporain. Les deux sont en lien avec le pouvoir : Kerguéhennec avec le Conseil Général du Morbihan, Oiron avec le Ministère de la Culture.

Le Conseil général du Morbihan acquiert le parc Kerguéhennec en 1972. En 1977, un plan d'eau est creusé à l'emplacement des marais qu'avait sans succès voulu remblayer le comte de Lanjuinais. Les sculptures d'Étienne Hajdu, Ulrich Rückriem, Richard Long, Giuseppe Penone, Marta Pan, et Jean-Pierre Raynaud sont installées en 1986. Le centre d'art et le parc de sculptures sont inaugurés la même année. En 1988, le château et les communs sont classés Monuments historiques et la partie nord du parc est inscrite à l'inventaire. Après les écuries, la bergerie est réhabilitée. Une étude paysagère est commanditée par le Conseil général en 2000. La restauration intérieure du château est entreprise à partir de 2001.

Le vestige le plus ancien du domaine est le manoir de Kersuzan, du XVIème siècle, qui héberge les artistes enrésidence, seul téloignage de la famille de Kermeno.

En 1710, sur l'emplacement d'un précédent édifice, les frères Hogguer, banquiers suisses protestants ayant des intérêts dans la Compagnie des Indes, originaires de Saint-Gall mais résidant à Paris, commandent à l'architecte Olivier Delourme, auteur de l'église Saint-Patern à Vannes, le château et les communs ordonnancés autour de la vaste cour que nous connaissons.

Pour le parc, au XIXème siècle, le comte de Lanjuinais contactera les frères Bühler, très éminents paysagistes d'origine suisse qui se sont déjà rendus célèbres par la création du parc de la Tête d'or à Lyon (1854) et qui viennent de réaliser les jardins du Thabor à Rennes (1867). L'apparence du château est changée à l'extérieur par l'adjonction d'un relief sur le fronton, d'un campanile axial, d'un perron encadré de deux colonnes supportant un balcon, et par la modification du portail d'honneur, tandis que la décoration intérieure est entièrement reprise dans le goût Renaissance du moment, et certains détails largement inspirés des châteaux de Blois et Fontaineblau, dont la restauration fut assurée par Félix Duban, professeur de Trilhe. Denis Bühler viendra à Kerguéhennec et rendra un plan que le commanditaire va faire appliquer dans ces grandes lignes : percement et aplanissement de l'allée cavalière au sud, création du bassin de style Louis XIV, jardin à la française dans la cour, au sud et le long de la façade nord du château, jardin anglais au parcours sinueux plus au nord. Le comte de Lanjuinais, aidé de son chef-jardinier Jarry, qui restera vingt ans à son service, apportera toutefois sa touche personnelle. Par exemple, il ne suivra pas les recommandations de Bühler pour le chemin d'accès, qu'il concevra lui-même, et l'arboretum pourrait être dû à sa seule initiative.

Voilà pour l'historique.

En ce qui touche l'art contemporain, il faut prendre en compte le parc de sculptures & les expositions temporaires.


Le parc de sculptures
, rare spécimen français du genre, compte parmi les plus importants d’Europe. Il a été créé à partir de 1986 à l’initiative de la Drac (Ministère de la culture, Direction régionale des affaires culturelles) et du Frac (Fonds régional d’art contemporain) Bretagne, et il réunit aujourd’hui plus d’une vingtaine d’œuvres d’artistes majeurs, parmi lesquelles figurent une majorité de commandes de l’État ou du Frac. 

La plus ancienne date de 1971, mais cette liste doit être complétée par l’intervention de Daniel Walravens commanditée pour le réfectoire du centre de formation de la chambre d’agriculture et par les installations non pérennisées de Max Neuhaus, Pat Steir, Pier Paolo Calzolari, Franz West, Matt Mulican ou Niele Toroni.

 Je ne vais pas traiter de tout : c'est un blog, pas une encyclopédie ! Je fais donc volontairement un choix très restrictif en m'attardant uniquement sur trois artistes. Pour chacun, je donne une oeuvre présente à Kerguéhennec, puis d'autres exemples existant ailleurs.

L'oeuvre la plus connue car souvent reproduite dans les documents du Conseil Général du Morbihan est celle avec les pots de fleurs dans l'ancienne serre.
Le pot de fleur, utilisé par Jean-Pierre Raynaud, est emprunté au réel mais détourné de sa fonction puisque rempli de béton. Cet objet quotidien est alors utilisé comme élément géométrique et symbolique.

En choisissant la serre, Raynaud a rendu aux pots la place qui est habituellement la leur. Sa structure géométrique la situe également comme métaphore de la maison, du refuge et du repli sur soit. 

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1000 pots bétonnés pour serre ancienne, 1986, Kerguéhennec

Il a choisi le rouge pompier en référence à la couleur du matériau d'origine des pots : la terre. C'est une couleur qu'il a utilisé sans discontinuer durant 35 ans.
Surtout, cette couleur primaire tranche très nettement dans le vert du parc.
Elle est aussi un symbole de force vitale ainsi que de danger dans la signalétique de notre quotidien.

Mais au fait, qui est Raynaud ?

Il naît en 1939 à Courbevoie. Ce n'est que dans les années 60 qu'il commence à faire parler de lui; on le situe alors comme étant proche des Nouveaux Réalistes.
Horticulteur de formation, Jean-Pierre Raynaud accomplit en 1962 un « geste radical », affirmant son « identité artistique », en remplissant un pot de fleurs avec du ciment. La même année, il développe d'autres oeuvres autour de l'objet avec une série de sens interdits. Dès lors il abandonne l’horticulture pour se consacrer à l’art, et expose pour la première fois seul en 1965. Son œuvre à l’aspect « clinique » sera consacrée aux thèmes de la solitude et de la mort.

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Sens interdit, 1963

En 1964, le carreau de céramique de 15cm x 15 cm apparaît pour la première fois dans ses oeuvres. Avec le pot-sculpture, on le retrouve par la suite souvent dans ses créations. Il expose ainsi cette même année 300 pots à Düsseldorf, & 4000 en 1971, à Londres, Jérusalem & Hanovre.
De 1964 à 1968, il entreprend le cycle des Psycho-objets, combinant des pots de fleurs peints en rouge, des valises, des guérites, des photos de malades mentaux, du carrelage, etc. 

En 1969, quatre ans après sa première exposition personnelle à la Galerie parisienne Jean Larcade, il commence la construction de La Maison à La Celle Saint Cloud, qui reprend l'ensemble de son travail autour du carrelage blanc cerné de noir, & qui va représenter 24 ans de recherches sur l'espace. La maison est ouverte au public en 1974; puis il décide de la détruire lui-même en mars 1993. L'événement est filmé; l'oeuvre d'art se transforme en une nouvelle oeuvre d'art : l'artiste déplace 1000 containers de gravats de sa maison qu'il expose au CAPC (le Musée d'Art contemporain) de Bordeaux.

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La Maison


C’est en 1975 que lui fut proposé de dessiner les vitraux de l’abbatiale et du réfectoire de l'abbaye de Noirlac. Rejoignant l’idéal cistercien dans le refus de tout artifice et le complet dénuement, l’artiste réussit ici à donner pleinement vie aux baies et rosaces de l’abbaye.

En parfaite symbiose avec le maître-verrier Jean Mauret, Jean-Pierre Raynaud a vaincu la monotonie des espaces en intégrant dans des ouvertures de dimensions inégales un jeu de lignes droites et de carrés qui donne tout son sens à cette citation de Georges Duby : " La lumière admise avec mesure dans l’enclos de leur retraite devait rester telle que Dieu la fait, sans apprêt, sans atours, splendide en sa simple nudité ". 

En cheminant vers le chœur de l’abbatiale, on remarque que la lumière devient de plus en plus intense et donne vie aux verres blancs qui, chargés de nuances, transforment le choix de la " clôture " que faisaient ces moines en un hymne à la liberté. 

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" Ces vitraux jouent sur des carrés décalés comme s’il y avait un glissement.
Ce glissement en fait c’est l’émotion " Jean-Pierre Raynaud.  


Exposition personnelle en 1979, aux Galeries Contemporaines du Musée National d'Art Moderne (Beaubourg, à Paris), Grand Prix National de la Sculpture en 1983, il construit en 1986, pour son propre usage, un abri semi-enterré de 400m2 à La Garenne-Colombe ( Le Mastaba).

L’artiste représente la France lors de la Biennale de Venise de 1993 : il couvre le pavillon français de ses fameux carreaux de céramique.

En 1998, son pot doré de la Fondation Cartier est installé sur une stèle monumentale devant le Centre Georges Pompidou (Beaubourg).

Pot-dore.jpg
Pot doré devant Beaubourg

Plus récemment, l'artiste se fait dénonciateur, en utilisant le motif tricolore pour le détourner dans ses
Objets-Drapeaux.

Objets-Drapeaux.jpg
Objets-Drapeaux


Il vit & travaille actuellement à La Garenne-Colombe; il est représenté par la Galerie JGM à Paris.

 

Le second artiste que j'aimerais évoquer est Tony Cragg. L'oeuvre qu'il présente au parc est une sculpture de fonte intitulée Les Gastéropodes.

Contrairement à la plupart des sculptures du parc, celle-ci a fait partie d'une exposition précédente. Son emplacement était provisoire, il est maintenant définitif. Il s'agit de pièces en fonte, représentant des coquillages agrandis, jouant avec les changements d'échelle et donnant une autre identité à l'objet représenté. Des étuis d'instruments de musique sont placés dessous, l'ensemble tendant à s'enfoncer dans le sol progressivement. Le changement d'échelle donne libre cours à l'imaginaire et permet d'y voir également des sortes de tortues, d'étuis à fusil...

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Gastéropodes, 1988, Kerguéhennec
fonte, six éléments
0,56 × 2 × 1,90 m

collection
Fonds Régional d’Art Contemporain Champagne-Ardennes

Cette sculpture m'a beaucoup plu; j'avoue que je n'y vois pas vraiment des gastéropodes, mais plutôt des "laves en coussins" comme il s'en forme au fond des océans. Lorsque j'ai pris les photos supra, le temps était à la pluie : ça ne gâte en rien l'oeuvre de Cragg, qui devient alors toute luisante. Franchement, avec l'herbe verte autour, je trouve cela très original. Vue de loin, la sculpture intrigue, car on se demande ce que c'est; la curiosité fait faire le déplacement : c'est aussi une façon d'inciter le visiteur à parcourir le parc.
 
Mais qui est Tony Cragg ?
 
Le sculpteur britannique Anthony Douglas Cragg, dit Tony Cragg, naît à Liverpool le 9 avril 1949. Il porte un intérêt tout particulier au monde industriel et aux produits qui en résultent. Représentant de la nouvelle sculpture, l'oeuvre de Tony Cragg s’articule autour de l’objet.
 
Tony Cragg commence à travailler en 1966 comme technicien dans un laboratoire de recherche sur le caoutchouc naturel. Il y reste deux ans pendant lesquels il se découvre un intérêt pour l’art. Il commence à dessiner et à observer les objets autour de lui.

Tony Cragg étudie au Gloucestershire College of Art and Design, à Cheltenham, de 1969 à 1970, à la Wimbledon School of Art, de 1970 à 1973, et au Royal College of Art de Londres, de 1973 à 1977. 
Il rencontre Bill Woodrow et Richard Deacon.
 
Dans les années 1970, Tony Cragg collecte des détritus, des cartons d’emballage, des matériaux industriels usagés, des objets de bois, des plastiques colorés... et les installe au sol en de grandes compositions colorées. Il détourne ainsi les déchets de la société de consommation et s’applique à un travail de recyclage formel qui s'organise, notamment, selon des critères de couleurs ou de familles. Déchets et objets récupérés constituent alors une sorte d’archéologie contemporaine. De la décharge au lieu d'exposition, prédomine l'idée de "faire avec du rien." Tony Cragg travaille sur la fragmentation et la "re-composition" des formes.
 
Tony Cragg privilégie le plastique parmi les rebuts de la société de consommation. Pour l'artiste, le plastique peut être vu de diverses manières : comme un déchet, comme une matière intéressante dans le contexte de l’art, comme une matière à la surprenante vitalité ou enfin comme une allégorie.
 
En 1978, Tony Cragg montre pour la première fois à Paris, dans l’exposition JA-NA-PA, une pièce constituée de morceaux de plastique peints arrangés au sol. Sa première exposition solo se déroule en 1979.
 
A partir de 1984, ses installations-collages, dessins-sculptures, se présentent aussi comme des peintures murales. Il recouvre des objets ou des meubles de particules de plastique. 

Unscharferelation
Unscharferelation, 1991


Tony Cragg reçoit de nombreux prix. Il est notamment lauréat du prix Turner à Londres en 1988. La même année il représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. Il reçoit le prix Shakespeare de la F.V.S-Stiftung en 2001, puis le prix Piepenbrock de sculpture en 2002.

L'oeuvre de Tony Cragg est visible dans les collection des plus grands musées, tels le Musée National d’Art moderne de Paris et la Tate Modern de Londres. 

  Fruit-Bottles.jpg          
Fruit Bottles, 1989 (en acier, 7 éléments)  



 
Eroded-Lanscape.jpg
                                              Eroded Lanscape, 1998 (verre dépoli)
                                                                                                          


tony-cragg-montpellier.jpg      
Tony Cragg, source : 
dossier de presse 'Inauguration de la sculpture Point of view de l'artiste Tony CRAGG" 
Samedi 17 novembre 2007 - Quartier Port Marianne Montpellier


Lorsqu'on pénètre dans le Domaine, en montant vers le château qu'on ne voit pas encore, la pièce d'eau en contrebas & à main droite présente une oeuvre originale, la première que l'on découvre d'ailleurs, que l'on ne peut pas louper puisqu'elle est orange vif !

Divers 2008 - 2009 170
Parcours flottant n°1 et 2, 1986, Kerguéhennec
résine polyester moulée et peinture polyurétane 
0,80 × ø 4 m
commande de l’État
Fonds national d’art contemporain


Il s'agit d'une oeuvre de Marta Pan, mon (ma) troisième artiste. On l'explique ainsi : deux formes simples et complémentaires flottent à la surface de l'étang, de part et d'autre de la digue.La première sculpture, fermée en boucle est constituée de deux éléments qui se lovent l'un l'autre.

La seconde, au contraire, est déroulée.
 
Ces signes qui appartiennent au monde organique ont été transformés par l'artiste. Ils s'inscrivent dans le paysage même s'ils n'en proviennent pas directement.

Je serais personnellement tenté de lui appliquer en la détournant la fière devise de la ville de Paris : "Fluctuat, nec mergitur", elle flotte & ne coule pas ! L'oeuvre, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, se déplace dans la pièce d'eau... Moi, ça me fait penser à une "causeuse", un canapé pour être bien installé & pouvoir discuter... au fil de l'eau. En plus, vu de la berge, ça a l'air assez confortable... Non, je ne l'ai pas testée ! 

Marta Pan est née le 12 juin 1923 à Budapest (Hongrie) et décédée le 13 octobre 2008 à Paris c'était une sculptrice française d'origine hongroise.

Après ses études à l'Ecole des Beaux-Arts de Budapest, Marta Pan  arrive à Paris en 1947.Elle épouse en 1950 l'architecte André Wogenscky 
avec lequel elle aura la possibilité de confronter sa création à l'échelle de l'architecture. Elle produisit alors ses premiers dessins d'architecture puis rencontrera de "grosses pointures" de l'époque, comme Gropius en 1953 ou encore Niemeyer à Brasilia en 1959.
 
En 1952, dans sa première exposition personnelle, elle inaugure son cycle Charnières, sculptures en éléments qui s'imbriquent dans des formes déjà pures et souples. Elle apprend à travailler le bois et présente en 1954 Ebène, Buis et Phillipine, puis en 1956, Teck, sculpture articulable en deux parties pivotantes  qui inspire un ballet au chorégraphe Maurice Béjart. Teck est l'aboutissement de ce premier cycle Charnières qui traite de la représentation de la dualité des éléments indépendants qui trouvent leur sens dans la complémentarité... 
 
En 1957, les Équilibres commencent avec Balance formé d'un couple d'éléments pivotants. Autre chorégraphie de Béjart en 1959 sur « équilibre pour un ballet ».
 
Avec Sculpture flottante (1959-1960), pour le parc de Kröller-Muller à Otterlo, elle réalise aussi le plan de l’étang, des pelouses, allées et clairières où sont installées les autres sculptures. Otterlo est sa première œuvre monumentale. Le mouvement est un élément constitutif de l'œuvre de Marta Pan. Elle recourt au mouvement naturel, comme Alexander Calder, dans ses différents états d'équilibre.Une autre sculpture flottante est installée à Central Park NY. En parallèle, les cycles se succédent : Cylindres, Mercure, Cônes, Lentilles.
 
En 1970, elle sculpte les 50 poignées de portes du Musée des Arts & Traditions Populaires de Paris.

Une Réalisation originale pour les élèves en 1973 ou "l'Art au collège - lycée" :

L’architecte Jean DUBUISSON, qui a conçu les bâtiments du lycée d’Etat mixte (dit : LEM), avait pensé, dans le cadre du 1% consacré aux œuvres d’art, à proposer à l’Etat un projet de Marta PAN. Celle-ci, après une première visite dans l’établissement, pense immédiatement que ce n’est pas une sculpture que les élèves attendent. Elle a envie de créer une œuvre moins traditionnelle, différente, appelant la participation. On est alors en 1967…
 
Il faudra attendre 1973 pour voir le labyrinthe terminé. Il remporte un grand succès auprès des élèves, particulièrement auprès des plus jeunes, pour qui c’est un lieu de jeu en même temps qu’un refuge (à cette époque, le lycée était aussi un collège).
 
« Pour les uns, il devient le site de tous les événements et erreurs possibles, site d’angoisse et de fuite. Pour d’autres, il prend la forme d’une coquille enveloppante, protectrice contre l’inconnu du dehors », dit Marta PAN.
 
Cette définition semble très bien s’adapter à ses utilisateurs qui disposent ainsi d’un petit monde bien à eux, rares sont les adultes à en franchir le seuil.

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Le Labyrinthe au Lycée public Mme de Staël de Montluçon



En 1974, c'est la Fontaine de la Place des Fêtes, toujours à Paris.

En 1979, le Patio-Fontaine, au 26 rue des Champs Elysées (encore Paris), puis c'est Brest avec le grand projet urbanistique de la rénovation de la rue de Siam.

On retrouve ses sculptures & ses arcs immenses non seulement en France, mais encore en Italie (Rome), en Angleterre (Londres) & au Japon (place du nouvel hôtel de ville de Tokyo). Ce dernier pays lui a commandé plus d'une trentaine d'oeuvres.

Nommée Commandeur des Arts & Lettres en France en 1994, elle obtient en 2001 le Premium Imperial à Tokyo, sorte de "prix Nobel" des Arts, avec Jean Nouvel & Arthur Miller.
 
Sphere-coupee--1998.jpg
Sphère coupée, 1998 (marbre)
 
 
Depuis sa première sculpture flottante, Marta Pan a réalisé de nombreuses sculptures monumentales intégrées dans l’architecture pour des espaces publics et urbains comme La Perspective de Guyancourt dans les Yvelines.

Voilà : mon tour d'horizon se termine. Mais d'autres artistes exposent à Kerguéhennec. Vous pouvez, mes chers amis, les découvrir par vous-mêmes en menant à votre tour l'enquête... 

 


 

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