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«A quoi sert l'"histoire de l'art", si ses méthodes ne permettent pas d'ouvrir une perspective sur la connaissance que délivrent, à des degrés divers, les œuvres ? [...] L'"histoire de l'art" serait-elle une pure fiction idéologique ? Ne doit-elle pas affronter les "dangers" qu'elle provoquerait en renonçant à sa magie, en devenant pour tous un instrument spécifique de connaissance, à l'égal de la philosophie, de la science, des autres arts ?»

 

Françoise Bardon

Arts, contraintes, réalisations - Mon Cabinet de Curiosités.

Une curiosité : les clochers tors.

 

 

Les "clochers tors" ont suscité de nombreuses querelles entre spécialistes, se voulant plus informés les uns que les autres. En fait, nul ne semble vraiment connaître la vraie raison de ces remarquables "anomalies" qui marquent nos paysages, mais ne retiennent guère l'attention des cohortes d'automobilistes toujours pressés. Jusqu'ici, quantité de chercheurs ont en vain tenté de percer le secret de ces insolites architectures.

 

D'après certaines statistiques, il existerait assez peu de clochers "tordus" en Europe - 65 en France, 22 en Allemagne, 7 en Autriche, 10 en Belgique, 3 en Angleterre, 2 au Danemark, 1 en Italie et 4 en Suisse - dont l'immense majorité se présente sous forme octogonale. Encore ces chiffres ne sont-ils donnés qu'à titre indicatifs & sont-ils susceptibles de varier selon les sources...

Parmi ces chiffres, 46 flèches "tournent de gauche à droite, alors que 26 "virent" de droite à gauche. Et l'ensemble de ces mouvements giratoires ne dépasse jamais le huitième de tour.



Clochers-torts-d-Europe.jpg

 

 

Deux hypothèses s'affrontent quant à l'origine de la torsion: les uns sont les clochers construits tors, pour réaliser une prouesse architecturale; on peut citer celui de Mouliherne ou de Fontaine-Guérin en Anjou, de Treignac en Corrèze ou encore de Saint-Outrille dans le Berry.

On peut aussi citer celui de la maison des 
 Compagnons du Devoir à Nantes qui est une véritable œuvre d'art, un chef-d'œuvre compagnonnique. Une maquette en explique la construction à l'intérieur du bâtiment.

-Nantes Maison compagnonnage Clocher tors
Maison du Compagnonnage à Nantes


En Allemagne, le toit d’une porte de ville deDuderstadt était déjà tors au xvème siècle, et tourne de droite à gauche.

 

D'autres le sont devenus au cours du temps, comme au village de Fougeré en Maine-et-Loire, qui a subi quatre tornades reconnues catastrophes naturelles en 40 ans.


Certains architectes comme Viollet-le-Duc pensent qu'ils sont devenus hélicoïdaux suite à un mauvais séchage du bois. Il est en effet prouvé que la charpente de certains clochers en vieillissant a bougé.


Le bois travaille presque toujours, son sens de rotation naturel étant de la gauche vers la droite. Dans un clocher, il suffit qu'il y ait une rotation d'un vingtième de degré à la base du poinçon, la pièce centrale et maitresse de la charpente, pour que celle-ci atteigne un huitième de tour (45°) au sommet, entrainant une torsion de l'ensemble de la charpente. Au fur et à mesure des années, avec le renouvellement des toitures, le défaut s'embellit. La torsion du clocher de l'église Notre-Dame à Puiseaux dans le Loiret est due à un mauvais séchage du bois. 


Le poids de la couverture, quand il est trop élevé, peut aussi éventuellement faire ployer la base de la structure, provoquant un affaissement de la charpente et la vrille du clocher, c'est le cas de celui de Chesterfield en Angleterre, qui est couvert de plaques de plomb.


De nos jours, c'est une épreuve que l'on fait passer aux apprentis charpentiers des compagnons du tour de France, de construire une maquette avec un clocher hélicoïdal.

 


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Eglise du Vieil-Baugé, en Anjou



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Eglise de Treignac, en Corrèze


Le mystérieux escalier de Notre-Dame

de la Lumière, à Santa Fe.


Drôle d'idée de parler d'un escalier dans un blog HIDA, me diras-tu ! Eh bien, non, car il intrigue toujours autant les spécialistes, qui ne parviennent pas à comprendre comment il tient, & depuis si longtemps !


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Tout commence chez les Soeurs de l'Académie de Loretto de Notre-Dame de la Lumière, à Santa Fe, au Nouveau Mexique (Etats Unis d'Amérique).

Fin XIXe siècle, elles engagèrent des ouvriers mexicains pour la construction d'une chapelle gothique. Mgr Lamy ordonna les plans sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris. Elle mesure environ 7,50m x 22,50m x 25,50m de hauteur & possède une tribune tout au fond. Selon la Soeur Barbour, la chapelle aurait été conçue par l'architecte P. Mouly, commencée le 25 Juillet 1873 & terminée 5 ans plus tard au prix de 30000 dollars.


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La construction presque finie, on s'aperçut enfin d'une erreur ou d'un oubli : nul moyen de monter à la tribune !

On fit alors appel à plusieurs charpentiers, mais leurs réponses furent toutes identiques : impossible de construire un escalier dû à la hauteur de l'étage & à cause de la grande place que cela prendrait dans la nef; il faudra donc se servir d'une échelle ou reconstruire complètement la tribune.

Evidemment, les Soeurs, très pieuses, furent bien déçues. Elle décidèrent de patienter et de faire une neuvaine. La fête de saint Joseph étant toute proche, elles décidèrent de la faire à ce saint, espérant voir une solution à leur problème.

Le dernier jour de la neuvaine, un homme aux cheveux grisonnants, accompagné d'un âne & portant une boîte à outils, s'arrêta à l'Académie. Il demanda à parler à la Mère Madeleine, Supérieure en charge du couvent à cette époque là, & lui offrit son service pour la construction d'un escalier. Enchantée, la Mère Madeleine accepta immédiatement.

La construction se fit rapidement en 6 ou 8 mois. Certaines religieuses qui étaient présentes à ce travail ont noté qu'il s'était servi uniquement d'une scie, d'une équerre & d'un marteau. Elles se souviennent avoir vu des baquets d'eau remplis de morceaux de bois. Lorsque la Mère Madeleine chercha l'ouvrier pour le payer, il lui fut impossible de le trouver. Une récompense fut offerte : personne ne la réclama. Même le chantier de bois d'oeuvre n'avait aucun document des achats de bois utilisé.

L'escalier, cadeau du menuisier, est un escalier en colimaçon à noyau creux de 33 marches (remarque : le Christ est mort sur la croix à 33 ans) & de 2 spirales complètes de 360°, sans aucun support central. Il repose en haut sur la tribune & en bas sur le parquet qui le supporte entièrement. Des chevilles en bois tiennent lieu de clous.

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Au cours des années, des architectes & des constructeurs de nombreux pays ont inspecté ce chef-d'oeuvre de beauté & de construction. Ils s'émerveillent tous de voir que cet escalier existe toujours. Certains pensaient qu'il s'écroulerait aussitôt utilisé, mais malgré son emploi journalier, il a tenu bon. La rampe, ajoutée 2 ans plus tard, est elle aussi un chef-d'oeuvre.

A l'Académie, la Soeur Mary, alors âgée de 13 ans, fut une des premières avec ses amies à monter l'escalier, mais effrayées elles le redescendirent à genoux. Sans rampe, cela se comprend facilement !

Quelques experts en la matière affirment que les longerons de cambrure ont été installé avec précision. A l'intérieur le bois est enté en 7 endroits différents & en 9 endroits à l'extérieur, chaque pièce formant une courbe parfaite. De plus, ce bois est dur et ne serait pas originaire du Nouveau-Mexique. Où fut-il obtenu ? C'est encore un mystère. Les marches elles-mêmes sont à peine usées, malgré un usage quotidien durant plus d'un siècle.

En Avril 1960, un article dû à Soeur M. Florian, OSF, paru dans la revue Saint
Joseph, précisait ceci : "J’ai parlé de l’escalier avec Monsieur Urban C. Weidner, architecte de la région de Santa Fe, et expert en boiseries. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu un escalier circulaire sur 360° qui ne soit pas supporté par un pilier central. Les autres escaliers colimaçons à noyau creux ont des dimensions nettement plus réduites. L’une des choses les plus surprenantes à propos de cet escalier, c’est, selon Monsieur Weidner, la perfection des courbes des limons. Il m’a expliqué que le bois est raccordé (en menuiserie on dit "enté") sur les côtés des limons par neuf entures sur l’extérieur, et sept sur l’intérieur. La courbure de chaque pièce est parfaite. Comment cela a-t-il été réalisé dans les années 1870, par un homme travaillant seul, dans un endroit retiré, avec des outils des plus rudimentaires ? Cela n’a jamais été expliqué.

De nombreux experts on tenté d’identifier le bois utilisé, et de deviner son origine. Personne n’a encore été capable de produire un rapport satisfaisant sur la question. Les marches ont constamment été piétinées depuis plus de cent ans. Elles ne présentent des signes d’usure que sur les bords. Monsieur Weidner identifie ce bois comme "une sorte de pin granuleux sur les bords". Il sait cependant avec certitude que ce bois au grain dur ne provenait pas du Nouveau Mexique. La nature exacte du bois utilisé, et l’endroit où le vieux charpentier se l’est procuré restent un mystère." 


Chargé d'installer l'électricité, M. Carl R. Albach a dû monter plusieurs fois cet escalier pour se rendre au compteur qui se trouve au-dessus de la tribune. Il a ressenti à chaque fois un certain mouvement vertical, comme si les 2 tournants de 360° formaient un large ressort. Il n'est pas le seul à avoir eu cette impression. C'est peut-être là le secret de sa construction...

Saint Joseph est-il lui-même l'auteur de ce mystérieux escalier ? Pour les Soeurs, en tout cas, il ne fait aucun doute qu'il fut une réponse claire à leur neuvaine.

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